LA CROIX FRANQUILIER
Erigée en son nouvel emplacement à l\’angle de la route de la grand\’mare et du chemin neuf, elle a été bénite le 15 août 1976 à l\’occasion de la messe célébrée sur place par l\’Abbé Michel Bernay qui a offert la croix en fer forgé d\’un auteur inconnu.
Sise en plain, entre le village et le cimetière cette croix marquait le carrefour des chemins menant à Banthelu et à Arthies, chemins qui ont disparu après le remembrement.
Le fût en pierre était seul visible, car le socle s’était enfoncé progressivement en terre au cours des siècles.Nous ne savons pas quand avait été édifiée cette croix.
Le nom de “Franguiller” n\’est pas connu comme celui d\’une famille de Maudétour. Dans l\’église Saint-Aignan d\’Arthies se trouve une plaque intéressante sur un pilier de la chappelle latérale gauche, plaque portant l\’inscription gravée dans la pierre en 1627 par un certain Guille Le Tellier :”Dans le cimetière de cette paroisse d\’Arthie reposent les corps de Jacques Falaize lequel décéda le 6 juillet 1587 et de Guillemette Binet sa femme, laquelle décéda le 10 août 1588, lesquels par testament dernière volontés passées par devant Asseline, vicaire du lieu le 4 juillet 1587 et le 19 août 1588 mesme par contrat par Thomas Falaize exécuteur par devant Me jehan Lefebvre Notaire à Magny le 31 mai 1488 ont donné 4 boysueax de bled mestail mesure de Magny par chacun an à perpétuité le 6eme jour de juillet au vrays pauvres du Arthi estant cuits moustz accomodez en brichetz par leurs héritiers où détepteurs d’une pièce de terre contenant un arpent sis au terroir de Maudestour lieu-dit la Croix Franguiller.
La croix Franguiller est le monument le plus ancien de Maudétour puisqu\’elle apparaît antérieure à 1587.
La maladrerie Saint Thomas’, ‘la-maladrerie-saint-thomas’, Les plus anciens établissements de bienfaisance de notre canton, les maladreries de Bray et les léproseries d\’Arthies et de Vétheuil, avait été fondées au Moyen Age, après les croisades, pour la réclusion des lépreux, et ils ont cessé d\’exister après cette affreuse maladie. La grande peste, de 1347 à 1461, a ravi à la France le tiers de habitants. Saint Roche, au 13e siècle, avait mérité la canonisation par son zèle à soigner les pestiférés et à inhumer leurs corps restés sans sépulture\”.
La maladrerie Saint-Thomas, sans doute commune au deux villages d’Artie-la-ville et Mondétour, étaient située sur le territoire d’Artie, parcelle Saint-Thomas au cadastre Napoléonien. Elle aurait été l’une des plus importantes du Vexin. Jeanne de Lespinay, veuve de Claude de Chauffour, possède le terrain en 1698. Certains pensent à tort, comme Jean-Luc Flohic (\”Le Patrimoine des communes du Val d’Oise\”, octobre 1999) que ces contreforts de \”la ferme d’en-bas\” sont des vestiges implantées hors des villages.<br />La maladrerie Saint-Thomas-en-Artie disposait d’une chapelle désaffectée en 1693.<br />Léon Plancouard a publié une étude de trente huit pages sur le sujet.<br />Victor Hébert, instituteur à Arthie, y a, de son côté, consacré trois pages dans sa monographie du 20 septembre 1899.
La forêt d\’Arthies était autrefois immense et servait de zone de refuge aux habitants des environs, désireux d\’échapper aux menaces des envahisseurs normands. Louis VIII (1223-1226) donna d\’importantes parcelles aux moines de la région, afin que ceux-ci les défrichent, y bâtissent des églises et y prêchent.
La forêt s’étendait de Saint-Jean-de-Latran près de Bray au clocher d’Omerville, de là au clocher de l’ancienne église de Maudétour à l’emplacement du cimetière actuel, de là à celui de Gadancourt, de là à la croix d’Avernes, de là au clocher de Jambville, de là au clocher de Fontenay-Saint-Père, de là au clocher de Saint-Martin-la-Garenne, et de là la Seine.
Les clochers en pierre servaient de bornes afin qu’aucun seigneur ne put les déplacer.
Domaine royal, la forêt était divisée en fiefs dépendant de la seigneurie de La-Roche-Guyon, avec droit de chasse sur toute son étendue (Charte de 1211 du Roi Philippe-Auguste). Louis IX (Saint Louis) fait prisonnier lors de la bataille de la Mansourah en 1250, au cours de la 7e croisade, épisode qu’aimait rappeler l’Abbé Michel Bernay, fut obligé, pour payer sa rançon, de vendre ce qui lui restait de la forêt d’Arthies, dont son père avait déjà donné une part importante aux différents prieurés. C’est ainsi que plus de 2000 arpents (1000 ha environ) furent vendus.
Le seigneur de Maudétour, Rubentel, en acheta 400 (200 ha environ), celui de la Roche-Guyon 1100 et celui de Chaussy 800.
Vers 1742, de graves difficultés éclatèrent entre le Duc Alexandre de la Rochefoucault de la Roche-Guyon et M. Antoine de Rancher, conseiller à la Cour du parlement de Paris, seigneur de Maudétour, La Bretêche et autres lieux, à propos de leurs droits de chasse dans cette forêt.
Le seigneur de Maudétour perdit le procès malgré le soutien des seigneurs voisins et des officiers de la maîtrise des eaux et forêt de Magny et Saint Germain.

